Vous voulez bien démarrer l’allaitement maternel et vous êtes un peu perdue face à toutes les ressources en ligne et les conseils des femmes de votre entourage ? Je vous propose de faire le point sur tout ce que vous devez savoir : physiologie, préparation, démarrage, accessoires. Que vous choisissiez d’allaiter ou non, ces informations vous aideront à comprendre les mécanismes en jeu et à prendre les meilleures décisions pour vous et votre bébé.
Cet article est basé sur mes échanges avec Céline Bourganeuf, puéricultrice et consultante en lactation IBCLC dans l’épisode 114 de Milkshaker.
Bien démarrer son allaitement : ce que vous pouvez faire avant l’accouchement
Information et réflexion prénatale
Il est crucial de commencer à réfléchir à l’allaitement dès la grossesse. Vous pouvez prendre rendez-vous avec une consultante en lactation ou une sage-femme avant la 36e semaine. Ces consultations permettent de poser les bases de l’allaitement, de comprendre la physiologie de la lactation. Vous découvrirez comment bien se positionner pour mettre en place l’allaitement dès les premiers jours. La préparation prénatale inclut également la discussion des attentes et des objectifs d’allaitement, ce qui permet de créer un plan réaliste et flexible. Par exemple, comprendre les différences entre le colostrum et le lait mature peut aider à gérer vos attentes concernant la production de lait.
Une préparation des seins est-elle nécessaire ?
Il n’y a pas de préparation physique des seins pour l’allaitement mais pensez à bien hydrater vos seins en fin de grossesse afin de prévenir les vergetures.
Le power pumping (protocole de tirage intensif) n’est utilisé que dans des cas spécifiques et n’est pas du tout recommandé pour se préparer à l’allaitement.
L’Importance de l’Environnement et du Soutien
L’ocytocine, l’hormone clé de l’accouchement et de l’allaitement, est particulièrement sensible au stress. Un environnement calme et favorable est donc essentiel pour un démarrage serein de l’allaitement. Vous pouvez préparer votre maison pour accueillir le nouveau-né en créant un espace confortable pour l’allaitement. La création d’un coin d’allaitement cosy avec des coussins de soutien et une ambiance relaxante est une très bonne idée ! Par ailleurs, le soutien du partenaire et des proches est essentiel pour réduire l’anxiété et favoriser une ambiance propice à la production de lait.
Que mettre dans ma valise de maternité pour favoriser l’allaitement ?
Pensez tout d’abord à emporter ce qui vous fait plaisir ! Encore une fois, la notion de bien être est un indispensable de l’allaitement. Une veilleuse, des aliments doudous, des vêtements confortables etc..
Un coussin d’allaitement peut aussi vous aider à être installée confortablement ce qui favorise l’allaitement. En revanche, le coussin doit servir à bien caler votre dos et non à soutenir votre bébé qui sera plutôt face à vous et donc soutenu par la pesanteur.
Des coquillages et des bouts de seins peuvent vous aider de façon transitoire et leur utilisation devra vous faire penser à consulter un professionnel formé. .
Le Démarrage de l’Allaitement : Les Premiers Jours
La physiologie de l’allaitement : continuité et adaptation !
L’allaitement repose sur deux hormones principales : l’ocytocine et la prolactine. L’ocytocine aide à l’éjection du lait tandis que la prolactine régule sa production. La stimulation régulière par la tétée du bébé est essentielle pour maintenir un bon niveau de production de lait. Une lactation bien établie dépend d’une mise au sein fréquente et d’une bonne gestion des tétées nocturnes. Il est important de comprendre que plus le bébé tète, plus la production de lait sera stimulée.
Chaque allaitement est unique et nécessite des ajustements constants. Que ce soit pour la position du bébé, la fréquence des tétées ou la gestion des engorgements, il est important d’être flexible. Il est également crucial de se reposer autant que possible et de s’hydrater correctement pour soutenir la production de lait.
La Montée de Lait
La montée de lait survient généralement entre le troisième et le cinquième jour après l’accouchement. Pendant cette période, le corps produit du colostrum, un liquide riche en nutriments et anticorps essentiel pour le nouveau-né. Si l’allaitement est bien stimulé, le lait maternel prendra le relais. Le colostrum joue un rôle crucial dans le renforcement du système immunitaire du bébé et prépare son système digestif à digérer le lait mature. Comprendre cette transition aide à anticiper et à répondre aux besoins nutritionnels du bébé.
Conseils Pratiques pour le Démarrage
- Favoriser une proximité maximale entre vous et votre bébé.
- Positionnement et Prise du Sein. Apprendre à bien positionner le bébé et à assurer une bonne prise du sein est crucial. Cela permet d’éviter les douleurs et d’assurer une bonne stimulation de la lactation. Des positions comme le “ballon de rugby” ou la “position allongée” peuvent être explorées pour trouver celle qui convient le mieux. Les tétées efficaces nécessitent que le bébé ait une prise large de l’aréole dans sa bouche.
- Gestion des engorgements : Si la montée de lait est trop douloureuse, des techniques comme l’application de froid, l’utilisation de feuilles de chou, et le port de vêtements amples peuvent aider à réduire l’inflammation et l’inconfort. Il est également recommandé de continuer à allaiter fréquemment pour éviter que le lait ne s’accumule. Des massages doux des seins peuvent aussi aider à soulager la pression.
Les signes qui doivent alerter
- La douleur : un inconfort peut exister pendant la montée de lait mais l’allaitement ne doit pas faire mal ! Si c’est le cas, une consultation est nécessaire.
- Des selles et des urines en trop petite quantité. Un bébé doit produire environ 6 couches mouillées par jour et des selles régulières (au moins une par jour).
- Une prise de poids insuffisante même s’il faut considérer le contexte de la naissance qui peut aussi l’expliquer. Normalement il y a une reprise de poids au 4ème jour.
Quid des compléments de lait artificiel ?
Avant la mise en place d’une supplémentation, vous devez être consultés en tant que parent. Si pour une raison ou une autre vous choisissez cette option ne culpabilisez pas, cela peut aussi vous redonner de l’énergie pour la poursuite de votre allaitement. Cependant leur présence doit vous alerter et vous faire consulter au plus vite une consultante en lactation afin de préserver votre allaitement..
Démarrage de l’allaitement : Que faire en cas de difficultés ?
Je ne veux pas allaiter : Comment gérer la montée de lait ?
Pour les mamans qui choisissent de ne pas allaiter, il est important de comprendre que la montée de lait se produira malgré tout. Il faudra compter 48 à 72 heures pendant lesquelles, il est recommandé :
- D’éviter la stimulation des seins : Ne pas masser ou tirer le lait pour éviter de stimuler la production. Porter un soutien-gorge souple pour éviter toute compression. En cas de douleurs, l’application de compresses froides peut être bénéfique.
- D’utiliser des méthodes naturelles : Appliquer du froid et des feuilles de chou pour réduire l’inflammation. Les infusions de sauge ou de menthe poivrée peuvent également aider à diminuer la production de lait. Des analgésiques doux peuvent être utilisés en cas de douleur persistante, sous la supervision d’un médecin.
Dans certains cas, des médicaments peuvent être prescrits pour arrêter la lactation, mais ils ne sont plus couramment utilisés en France en raison de leurs effets secondaires. Il est toujours préférable de discuter avec un professionnel de santé avant de prendre cette décision.
L’Impact du Stress et des Émotions
L’ocytocine, nécessaire à la production et à l’éjection du lait, est fortement influencée par les émotions. Un stress important ou des traumatismes peuvent bloquer la production de lait. Il est donc crucial de créer un environnement positif et de chercher du soutien émotionnel si nécessaire. Des techniques de relaxation comme la respiration profonde, la méditation ou les massages peuvent être bénéfiques pour réduire le stress. Parler avec un professionnel de la santé mentale ou rejoindre un groupe de soutien peut aussi aider à gérer les émotions liées à l’allaitement.
Bien démarrer l’allaitement : La Place du co-parent
Soutien Émotionnel et Pratique
Le rôle du co-parent est fondamental dans le succès de l’allaitement. Son soutien émotionnel peut aider la maman à se sentir valorisée et épaulée, ce qui est essentiel pour la production d’ocytocine. Pratiquement, iel peut aider en prenant soin de la maison, en s’occupant des autres enfants ou en apportant des collations et de l’eau à la maman pendant qu’elle allaite. Iel peut également participer aux soins du bébé en changeant les couches, en le berçant, et en le calmant entre les tétées.
Créer un Lien avec le Bébé
Le co-parent peut créer un lien fort avec le bébé par d’autres moyens que l’allaitement. Il peut donner des bains, faire des câlins peau à peau, ou participer aux moments de jeu et de sieste. Ces moments lui permettent de développer une relation unique avec son enfant tout en soutenant l’allaitement. Les promenades et le portage en écharpe sont également des moyens efficaces pour renforcer ce lien.
L’allaitement maternel est un processus naturel mais qui demande préparation et compréhension. En prenant le temps de se renseigner et de se préparer avant l’accouchement, et en cherchant le soutien approprié après la naissance, vous pourrez surmonter les défis du démarrage de l’allaitement. Que vous choisissiez d’allaiter ou non, l’essentiel est de prendre des décisions éclairées et adaptées à vos besoins et ceux de votre bébé.
Pour plus de conseils et de soutien, Milkshaker regorge d’épisodes de podcast et d’articles de blog en fonction de vos questions. Concernant le démarrage je vous encourage vivement à écouter Suzanne Colson dans l’ épisode 93 pour tout savoir sur le biological nurtering et Emilie Chevalier dans l’épisode 4 pour tordre le cou aux idées reçues sur l’allaitement !